Octobre rose : le dépistage du cancer du sein
Ecrit le 15/10/2025 par Elodie Grégoire, Rédactrice web / SEO
Chaque mois d’octobre, la France voit fleurir les rubans roses : c’est Octobre Rose, la grande campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein menée par la Ligue contre le Cancer. Ce mouvement collectif n’est pas qu’un symbole : détecté tôt, ce cancer se soigne dans 9 cas sur 10. Premier cancer féminin en France, il mérite toute notre attention. Se faire dépister, c’est avant tout prendre soin de soi, se donner du temps et des chances.
Sommaire
- Comment se forme une tumeur au sein ?
- Quels sont les premiers signes d’un cancer du sein chez la femme ?
- Quels sont les facteurs de risque de développer un cancer du sein et comment agir en prévention ?
- Le dépistage précoce du cancer du sein
- FAQ : les questions que se posent les femmes sur le dépistage du cancer du sein
- Ressources utiles pour aller plus loin
Comment se forme une tumeur au sein ?
Avant de parler dépistage, il est utile de comprendre comment se forme une tumeur au sein. Derrière ce mot souvent effrayant, il y a un processus biologique bien précis. Rien ne se fait du jour au lendemain : tout commence à l’intérieur des cellules, quand certaines cessent de suivre les règles normales du corps..
Quand les cellules se dérèglent
Le cancer du sein se développe progressivement. Il se développe progressivement, sur plusieurs mois voire plusieurs années. Tout commence à un niveau minuscule : celui des cellules.
Normalement, les cellules du sein se divisent de manière ordonnée, selon un rythme précis. Mais parfois, une erreur génétique vient perturber ce mécanisme. Ces cellules « déraillent », se multiplient sans frein et échappent aux règles de contrôle du corps.
Notre organisme tente bien de corriger le tir : il possède des systèmes de défense capables d’identifier et d’éliminer les cellules anormales. Mais lorsque la mutation touche des gènes essentiels à la croissance ou à la survie cellulaire (ceux qui gèrent la croissance ou la survie cellulaire), ces cellules deviennent incontrôlables. C’est le point de départ d’une tumeur.
Le stade “in situ” : quand la tumeur est encore localisée
Avant de devenir agressive, une tumeur passe souvent par un stade intermédiaire appelé “in situ”. Cela signifie que les cellules cancéreuses restent confinées à leur point d’origine, les canaux galactophores (on parle alors de carcinome canalaire in situ) ou les lobules (carcinome lobulaire in situ). À ce stade, la tumeur n’envahit pas encore les tissus voisins, ce qui rend le traitement particulièrement efficace si elle est détectée à temps.
Tumeur bénigne ou maligne : quelle différence ?
Toutes les tumeurs ne sont pas synonymes de cancer. On distingue deux grands types :
Les tumeurs bénignes, qui ne sont pas cancéreuses. Elles :
- grossissent lentement,
- ont des contours réguliers,
- restent bien délimitées et mobiles à la palpation,
- n’envahissent pas les tissus voisins.
Les exemples les plus fréquents sont les kystes, fibroadénomes ou papillomes.
À l’inverse, les tumeurs malignes sont cancéreuses. Elles se distinguent par :
- une croissance rapide et anarchique,
- des contours irréguliers,
- une capacité à s’infiltrer dans les tissus voisins,
- un risque de se propager à distance (les métastases),
- une possible récidive après traitement.
Pourquoi le dépistage change tout ?
En France, le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme, avec environ 61 000 nouveaux cas chaque année. Mais la bonne nouvelle, c’est que diagnostiqué tôt, notamment au stade in situ, il se guérit dans 9 cas sur 10. D’où l’importance d’un suivi régulier et de la participation aux programmes de dépistage.
Quels sont les premiers signes d’un cancer du sein chez la femme à surveiller ?
Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme, mais c’est aussi l’un de ceux qui se soignent le mieux lorsqu’il est détecté tôt. Mieux vaut donc connaître les signaux qui doivent alerter. Connaître les signaux d’alerte et rester attentive à tout changement permet de consulter sans attendre.
Quels sont les symptômes les plus courants ?
Voici les signes qui doivent vous pousser à consulter :
- Une grosseur dans le sein ou sous l’aisselle, même petite et indolore ;
- Une modification de la forme ou de la taille d’un sein ;
- Un changement de l’aspect de la peau : rougeur, épaississement, aspect de “peau d’orange” ;
- Une modification du mamelon : rétraction, déviation, ou écoulement inhabituel ;
- Une douleur persistante localisée dans une zone du sein ;
- Des fossettes ou plissements inhabituels sur la peau du sein.
Ces symptômes ne signifient pas forcément un cancer, mais justifient toujours une vérification médicale.
Quand consulter sans tarder ?
Pas de panique inutile, mais pas d’attente non plus. Prenez rendez-vous si :
- vous remarquez l’un des signes ci-dessus ;
- un symptôme persiste plus de deux semaines ;
- vous avez des antécédents familiaux de cancer du sein ;
- ou simplement si quelque chose vous inquiète.
Seul un professionnel de santé pourra confirmer la nature de la lésion grâce à des examens adaptés : mammographie, échographie ou biopsie.
Quels sont les facteurs de risque de développer un cancer du sein et comment agir en prévention ?
Le cancer du sein touche surtout les femmes après 50 ans, mais il peut survenir plus tôt. Certaines choses échappent à notre contrôle, comme l’âge ou la génétique. D’autres dépendent de notre mode de vie. Les connaître, c’est déjà agir : comprendre ces risques, c’est se donner les moyens de les limiter.
Les facteurs qu’on ne peut pas changer
Certains éléments augmentent naturellement le risque de cancer du sein, sans qu’on puisse les modifier :
- L’âge, d’abord : environ 8 cancers du sein sur 10 apparaissent après 50 ans.
- Les prédispositions génétiques : 5 à 10 % des cancers du sein sont liés à des mutations sur les gènes BRCA1 et BRCA2, qui augmentent le risque jusqu’à 80 %.
- Les antécédents familiaux : avoir une mère, une sœur ou une fille touchée par la maladie, surtout avant 50 ans, multiplie les risques.
- Les antécédents personnels (cancer du sein ou autre tumeur hormonodépendante).
- Et enfin, la puberté précoce ou la ménopause tardive, qui allongent la période d’exposition hormonale.
Ces facteurs nécessitent une surveillance médicale renforcée, mais ne signifient pas qu’un cancer surviendra.
Les facteurs sur lesquels on peut agir
Bonne nouvelle : notre mode de vie joue un rôle protecteur.
- Limiter l’alcool : même modérée, la consommation d’alcool augmente le risque.
- Éviter le tabac, qui reste un facteur aggravant.
- Bouger régulièrement : 30 minutes d’activité physique par jour réduisent le risque de façon mesurable.
- Maintenir un poids stable, surtout après la ménopause.
- Manger équilibré : privilégier les fruits, légumes, fibres et limiter les graisses saturées.
- Parler des traitements hormonaux (ménopause, contraception) avec son médecin pour adapter leur durée et leur dosage.
Et surtout : le dépistage reste votre meilleur allié. Détecté tôt, le cancer du sein se guérit dans la majorité des cas.
Comment se déroule le dépistage du cancer du sein ?
Le dépistage sauve des vies. Plus la maladie est détectée tôt, plus le traitement est simple et efficace. Dès 25 ans, un suivi régulier permet de repérer d’éventuelles anomalies. À partir de 50 ans, la mammographie devient l’examen de référence.
La palpation des seins : un réflexe à adopter
La palpation des seins, réalisée chaque année par un professionnel de santé (médecin, gynécologue ou sage-femme), est un examen simple et rapide qui peut tout changer. Elle permet de détecter une éventuelle grosseur ou une zone anormale. Même si la majorité des cancers se développent après 50 ans, cet examen est recommandé dès 25 ans.
En complément, vous pouvez pratiquer l’autopalpation à la maison. C’est un geste préventif à faire une fois par mois, de préférence quelques jours après les règles, lorsque les seins sont moins sensibles. Placez-vous devant un miroir, observez vos seins, puis palpez-les doucement avec les doigts, en effectuant de petits mouvements circulaires du mamelon vers l’extérieur. N’oubliez pas la zone des aisselles et du haut de la poitrine.
Ce geste ne remplace pas un examen médical, mais il vous aide à mieux connaître votre corps et à repérer rapidement toute anomalie.
A quelle fréquence faut-il faire une mammographie ?
Entre 50 et 74 ans, une mammographie est recommandée tous les deux ans dans le cadre du dépistage organisé. Elle permet de visualiser l’intérieur des seins et de détecter des anomalies parfois invisibles à la palpation. L’examen dure environ 10 à 15 minutes. Chaque sein est légèrement comprimé pour obtenir des images précises. Cette compression peut être légèrement inconfortable, mais elle est brève et indispensable pour une lecture précise.
Une double radiographie (sous deux angles différents) est réalisée pour chaque sein. Si nécessaire, une échographie ou une IRM peuvent compléter l’analyse.
Le dépistage organisé : simple, fiable et gratuit
Les femmes de 50 à 74 ans reçoivent tous les deux ans une invitation de l’Assurance Maladie pour réaliser une mammographie prise en charge à 100 %, sans avance de frais. Il suffit de se rendre chez un radiologue agréé avec la convocation reçue.
Ce dispositif présente un atout majeur : la double lecture. Un second radiologue expert relit systématiquement les clichés normaux : cette double lecture augmente la fiabilité du diagnostic. En cas d’anomalie détectée, des examens complémentaires (échographie, IRM ou biopsie) peuvent être prescrits rapidement.
Pour plus d'informations, consultez le site Comprendre le cancer du sein par l'Assurance Maladie ou le site Jefaismondepistage.
FAQ : les questions que se posent les femmes sur le dépistage du cancer du sein
Soyez attentive à toute modification de votre poitrine. L'apparition d'une petite boule dans le sein ou l'aisselle, un changement d'aspect de l'aréole ou de la peau du sein, un écoulement au niveau du mamelon, une modification de la forme du sein ou une rétraction cutanée sont des signes à surveiller. Ces symptômes ne signifient pas nécessairement un cancer, mais méritent une consultation médicale rapide. Un diagnostic précoce permet dans 9 cas sur 10 une guérison complète.
Pour les femmes de 50 à 74 ans, aucune ordonnance n'est nécessaire dans le cadre du programme de dépistage organisé. Vous recevez tous les deux ans un courrier d'invitation accompagné d'un bon de prise en charge. Présentez simplement ce bon et votre carte Vitale lors du rendez-vous. L'examen est alors pris en charge à 100% par l'Assurance Maladie. Hors de ce cadre, une ordonnance de votre médecin est nécessaire pour bénéficier d'un remboursement à 70%.
Dans le cadre du dépistage organisé, la mammographie est recommandée tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans sans antécédents particuliers. Pour les femmes présentant des facteurs de risque (antécédents familiaux, mutations génétiques), un suivi personnalisé peut être mis en place avec une fréquence adaptée, souvent annuelle. Votre médecin traitant ou votre gynécologue déterminera le rythme de dépistage le plus approprié à votre situation personnelle.
Le dépistage comprend une mammographie (radiographie des seins) et un examen clinique réalisé par un radiologue. L'examen dure environ 15 minutes. Le radiologue vous communique un premier résultat à l'issue de la consultation. Dans le cadre du programme de dépistage organisé, les clichés jugés normaux bénéficient systématiquement d'une seconde lecture par un autre radiologue expert, garantissant ainsi une sécurité supplémentaire. Cette double vérification est un atout majeur du programme national.
Le programme national de dépistage organisé concerne les femmes de 50 à 74 ans. Avant 50 ans, une surveillance par palpation est recommandée tous les ans par un professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme). Pour les femmes présentant des facteurs de risque élevés, le dépistage peut débuter plus tôt, dès 40 ans voire avant. Après 74 ans, la poursuite du dépistage doit être discutée avec votre médecin en fonction de votre état de santé général.
Le radiologue vous communique un premier résultat immédiatement après l'examen. Dans le cadre du dépistage organisé, les résultats définitifs vous parviennent par courrier sous 15 jours environ, après la seconde lecture. Ce délai peut parfois s'étendre jusqu'à 3 semaines selon les régions. En cas d'anomalie détectée lors de cette seconde lecture, vous serez rapidement contactée pour réaliser des examens complémentaires. Ce processus garantit une fiabilité optimale des résultats.
Ressources utiles pour aller plus loin
Pour approfondir vos connaissances sur le cancer du sein et son dépistage, consultez les sites de référence suivants. Le choix d'un cabinet de radiologie agréé est essentiel pour garantir la qualité de votre examen. L'Institut national du cancer propose également des informations fiables et actualisées.
- Comprendre le cancer du sein, par L'Assurance Maladie
- Tout savoir sur le cancer du sein, par La Ligue contre le Cancer
- Devenir mère malgré le cancer, par La Ligue contre le Cancer
- Octobre Rose, le site dédié à la lutte contre le cancer du sein développé par La Ligue contre le Cancer
- Institut national du cancer, site officiel proposant des informations validées scientifiquement
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