Protéinurie et grossesse : définition, causes et risques
Ecrit le 22/08/2025 par Lola Depret, Rédactrice web dans le cadre de ses études
Caractérisée par une forte concentration de protéines dans les urines, la protéinurie est un trouble urinaire qui peut survenir durant la grossesse. Si elle n’est pas détectée et traitée à temps, la protéinurie peut engendrer des risques de complications importants. Un suivi médical mensuel est nécessaire pour surveiller de près son évolution. Quelles sont les causes de la protéinurie ? Quand faut-il s’inquiéter ? Que faire si vous êtes concernée ? On vous dit tout sur le suivi de ce trouble urinaire souvent méconnu de la grossesse.
Sommaire
- Protéinurie, albuminurie (albumine) : qu’est-ce que c'est pendant la grossesse ?
- Quand faut-il s'inquiéter de la protéinurie pendant la grossesse ?
- Quel taux de protéinurie est dangereux pendant la grossesse ?
- Quelles sont les causes possibles de la protéinurie pendant la grossesse ?
- Protéines dans les urines : un suivi mensuel durant la grossesse
- Prééclampsie et ses symptômes : les risques d’un taux de protéinurie trop élevé
- Comment faire baisser la protéinurie pendant la grossesse ?
- Que faire en cas de protéinurie durant la grossesse ?
- Ce qu’il faut retenir sur la protéinurie pendant la grossesse
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Protéinurie, albuminurie (albumine) : qu’est-ce que c'est pendant la grossesse ?
La protéinurie se caractérise par la présence de protéines dans les urines en quantité supérieure à la normale. Habituellement, les urines contiennent peu de protéines, entre 50 et 150 mg par jour. Chez la femme enceinte, le taux est toujours plus élevé, mais ne doit pas excéder 300 mg pour 24 heures. Un taux de protéines trop élevé signifie que les reins ne fonctionnent plus correctement.
Le plus souvent, une protéinurie passe inaperçue chez la femme enceinte et les symptômes sont rares.
La protéinurie est également appelée albuminurie. L’albumine, protéine de transport fabriquée par le foie, est la protéine la plus abondante dans le sang. Si elle ne se trouve normalement pas dans les urines, de par son volume trop important pour traverser le filtre du rein, elle est fréquemment à l’origine de la protéinurie chez la femme enceinte. Les reins souffrent et laissent donc passer les protéines dont l’albumine.
La protéinurie orthostatique est une variante de la protéinurie, uniquement présente la journée, elle disparaît la nuit.
Dans la majorité des cas, la grossesse se déroule sans difficulté majeure. Mais certaines pathologies peuvent survenir de manière brutale et nécessitent une prise en charge rapide. C’est notamment le cas du syndrome de HELLP, une complication rare mais sérieuse, souvent liée à une prééclampsie .
Qu'est ce que le Syndrome de Hellp pour la femme enceinte ?
Le syndrome de HELLP est une forme sévère de prééclampsie. Il associe des anomalies hépatiques, une baisse des plaquettes et une destruction des globules rouges. Ce trouble peut apparaître à partir du troisième trimestre, mais aussi dans les jours qui suivent l’accouchement.
Il y a plusieurs symptômes pour ce syndrome. Cela peut être notamment des douleurs abdominales dans la partie haute du ventre. Mais encore des nausées, des vomissements et même parfois de forts maux de tête. Pour finir, il peut arriver que cela engendre une fatigue intense et la vue qui se floute.
Il est très clair que ce syndrome est un véritable danger pour la santé de la mère mais aussi du bébé. Dans les cas les plus importants, une hospitalisation en urgence peut être nécessaire. Une surveillance rapprochée peut être aussi mise en place. Dans les pires des cas, cela peut engendrer une interruption de grossesse. Dans le but de protéger la patiente et permettre au bébé d’être pris en charge rapidement. Les gynécologues obstétriciens jouent ici un rôle central, en lien avec une équipe médicale spécialisée.
Quand faut-il s'inquiéter de la protéinurie pendant la grossesse ?
La protéinurie, c’est-à-dire la présence anormale de protéines dans les urines, fait partie des éléments surveillés tout au long de la grossesse. Dans la majorité des cas, elle est détectée lors d’examens de routine. Mais certains niveaux ou symptômes associés peuvent nécessiter une vigilance particulière, voire une prise en charge médicale spécifique.
La protéinurie pendant la grossesse nécessite-t-elle d'être à jeun ?
Il n’est généralement pas nécessaire d’être à jeun pour faire un test de protéinurie. Le recueil se fait souvent sur un échantillon d’urine du matin, que ce soit à domicile ou directement au laboratoire d’analyses médicales.
Les sages-femmes et les médecins généralistes recommandent de bien suivre les consignes de prélèvement pour éviter toute contamination de l’échantillon. Dans certains cas, un recueil sur 24 heures peut être demandé, notamment si les premiers tests sont douteux ou si la patiente présente des facteurs de risque.
Comment réaliser une protéinurie sur échantillon ?
Le test de protéinurie repose sur un recueil d’urines, idéalement celles du matin. Cela permet d’avoir un échantillon plus concentré et plus représentatif. Ce test peut être réalisé directement au cabinet lors d’une consultation, ou analysé dans un laboratoire d’analyses médicales.
Le laboratoire mesure la présence de protéines dans les urines, en lien avec le débit de filtration glomérulaire. Ce dernier renseigne sur le bon fonctionnement des reins, particulièrement surveillé pendant la grossesse. Une protéinurie importante peut indiquer une atteinte des fonctions rénales.
Quand faut-il faire un test de protéinurie pendant la grossesse ?
Les tests de protéinurie sont effectués régulièrement au cours du suivi prénatal, dès le premier trimestre. Ce dosage fait partie des examens de routine qui accompagnent chaque étape de la grossesse.
Mais il peut également être prescrit en dehors du calendrier classique, lors de l’apparition d’autres symptômes. Une patiente qui présente des maux de tête inhabituels, des douleurs abdominales, une prise de poids soudaine ou un œdème important pourra faire l’objet d’un contrôle spécifique. Dans le but d’exclure ou surveiller une pathologie comme la prééclampsie.
Quel taux de protéinurie est dangereux pendant la grossesse ?
Le seuil généralement retenu comme anormal est :
- ≥ 0,3 g/24 h (ou 300 mg/24 h) dans les urines recueillies sur 24 heures,
- ou bien ≥ 30 mg/mmol sur un rapport protéinurie/créatininurie en échantillon unique.
Un taux supérieur à 0,3 g/24 h nécessite une surveillance rapprochée. S’il dépasse 1 g/24 h, le risque de prééclampsie sévère devient plus élevé, surtout si ce taux s’accompagne d’une hypertension artérielle, d’œdèmes importants, de maux de tête persistants ou de troubles visuels.
Quelles sont les causes de la protéinurie pendant la grossesse ?
Les causes les plus fréquentes de la protéinurie durant la grossesse sont :
- une légère insuffisance rénale liée à un virus,
- une infection urinaire,
- une prise de médicaments,
- un stress important,
- un effort physique trop intense.
Dans les cas plus graves, la protéinurie peut être liée à un cancer de la vessie, du diabète, une insuffisance cardiaque, un myélome multiple ou bien encore une polykystose rénale.
Protéines dans les urines : un suivi mensuel durant la grossesse
La protéinurie est systématiquement recherchée lors de chaque visite prénatale, tout au long de la grossesse. Le taux de protéines dans les urines étant plus élevé durant la grossesse, il est important de réaliser des analyses d’urines régulièrement, en particulier lors du premier trimestre.
Le recueil urinaire est réalisé sur les urines du matin et permet également de dépister la toxémie gravidique ou la prééclampsie.
La toxémie gravidique est une maladie rénale qui peut aussi survenir pendant la grossesse. Elle se caractérise par la présence d'une protéinurie, d'une hypertension artérielle, d’œdèmes des membres inférieurs et des mains et de rétention d’eau. La toxémie gravidique est entraînée par un mauvais fonctionnement du placenta.
Elle est plus fréquente chez :
- les primipares (femmes enceintes de leur premier enfant),
- les femmes âgées de plus de 40 ans,
- les femmes enceintes de jumeaux,
- les femmes dont la prise de poids a été trop rapide,
- les femmes atteintes d’obésité de classe 3, qui ont 2 fois plus de risques de présenter ce type de complication que les femmes de poids normal.
Prééclampsie et ses symptômes : les risques d’un taux de protéinurie trop élevé
Une protéinurie faible pendant la grossesse n’est pas inquiétante, mais doit être surveillée.
Par contre, si le taux de protéinurie est trop élevé, en particulier en fin de grossesse, il peut représenter un risque vital pour la mère et le fœtus. Pour être rapidement prise en charge, la protéinurie doit être dépistée le plus tôt possible, d’où l’importance du suivi mensuel.
Le risque majeur lié à la protéinurie est la prééclampsie ou toxémie gravidique. Celle-ci peut survenir à n’importe quel stade de la grossesse, mais apparaît généralement au troisième trimestre et touche 5 % des grossesses en France chaque année. En France, elle représente la deuxième cause de décès maternels.
La prééclampsie peut déclencher des complications comme un décollement du placenta, un accouchement prématuré (parfois par césarienne) ou encore une hémorragie cérébrale. Elle peut mettre en péril la bonne croissance du bébé et le retard de croissance in utéro (RCIU) peut devenir plus fréquent. Néanmoins, sous surveillance, la plupart des femmes atteintes de prééclampsie accouchent d'un bébé en bonne santé et se rétablissent rapidement.
L’œdème et la pré éclampsie peut-elle avoir des conséquences pour bébé ?
Lorsque l’œdème est associé à une prééclampsie, il ne s’agit plus d’un simple gonflement lié aux changements physiologiques de la grossesse. Cette pathologie peut affecter le bon développement du fœtus. En particulier si elle apparaît de manière précoce ou évolue rapidement. C’est pourquoi un suivi médical attentif est mis en place dès que le diagnostic est posé.
La prééclampsie se manifeste par une hypertension artérielle associée à une protéinurie. Cette tension élevée peut perturber la circulation du sang au niveau du placenta, ce qui réduit l’apport d’oxygène et de nutriments au fœtus.
Une surveillance assidue du débit sanguin placentaire est alors réalisée par les gynécologues obstétriciens. Ils y arrivent grâce notamment à des échographies régulières et à des examens doppler. Tous ces contrôles vont permettre de pouvoir évaluer la croissance du bébé. Mais surtout détecter une éventuelle souffrance fœtale.
En fonction des cas, un suivi rapproché peut être proposé à la patiente. Parfois même une hospitalisation peut être recommandée pour éventuellement prévenir de futures complications graves.
Encore une fois, dans les formes les plus sévères, une discussion peut avoir lieu afin de protéger la santé de la mère mais aussi de l’enfant. Une interruption de grossesse peut potentiellement découler de cet échange.
Comment faire baisser la protéinurie pendant la grossesse ?
Lorsqu’une protéinurie est diagnostiquée, le traitement dépend directement de sa cause. Dans certains cas, la simple surveillance suffit. Dans d’autres, un traitement ciblé est nécessaire, notamment si la patiente présente d’autres pathologies de grossesse. Comme la prééclampsie ou le diabète gestationnel.
Comment faire baisser les protéines dans les urines pour la femme enceinte ?
La recommandation première est un tout simplement un repos adapté. Surtout dans les cas où la patiente a une hypertension artérielle ou se montre fatiguée. Il faut dans ces cas là, limiter le plus possible l’effort physique pour éviter que la situation ne s’aggrave encore plus.
Si une infection urinaire arrive, il est tout à fait possible qu’un médecin prescrive un traitement antibiotique. Il faut évidemment que le traitement soit compatible avec la grossesse. A noter que le contrôle de la glycémie est tout aussi important. D’autant plus quand la patiente est déjà suivie pour un diabète gestationnel .
Les gynécologues obstétriciens adaptent leurs recommandations à chaque situation. En complément, certaines mesures de prévention peuvent être mises en place. Boire suffisamment d’eau, limiter l’apport en sel si nécessaire, et assurer un bon suivi avec des tests réguliers en laboratoire.
Que faire en cas de protéinurie durant la grossesse ?
En cas de protéinurie durant la grossesse, inutile de paniquer, le stress est l’ennemi de la protéinurie. Si celle-ci est prise en charge et soignée rapidement, il n’y a aucun risque. C’est pourquoi, une analyse de vos urines est réalisée chaque mois durant toute la grossesse. En général, un traitement associant du repos et des médicaments antihypertenseurs est prescrit par le médecin.
La mère peut être hospitalisée afin d’être suivie en continu avec des analyses d’urine, une prise de tension et des bilans sanguins pour évaluer l’évolution en cas de prééclampsie. Si une prééclampsie apparaît, l’accouchement sera automatiquement déclenché, en raison des risques qu’elle comporte pour la santé du bébé et de la maman.
Il existe des autotests, disponibles en pharmacie, permettant de détecter une protéinurie dans l’urine. Bien que pratiques, les autotests ne donnent pas toujours des résultats fiables. Consultez votre médecin afin de confirmer le résultat ou en cas d’apparition de symptômes vous faisant suspecter une protéinurie.
Ce qu’il faut retenir sur la protéinurie pendant la grossesse
La protéinurie n’est pas toujours synonyme de complication. Dans la majorité des cas, elle est simplement surveillée au fil des examens de routine. Mais lorsqu’elle s’accompagne de certains symptômes, une prise en charge plus attentive est nécessaire. Comme des maux de tête, des douleurs abdominales ou une hypertension artérielle.
Grâce à un suivi médical régulier et à l’écoute des signes du corps, chaque patiente peut avancer dans sa grossesse en confiance. Si un doute apparaît, les médecins généralistes, gynécologues obstétriciens ou laboratoires d’analyses médicales sont là pour accompagner, expliquer et adapter les soins.
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